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Fonds rapatriés en Italie : le coup est rude pour les banques suisses

Sur 95 milliards d’euros de fonds rapatriés en Italie en 2009 dans le cadre du « scudo », autrement dit le bouclier fiscal mis en place par le gouvernement italien, plus de 60 milliards provenaient de Suisse, indique la Banque d’Italie. Aucune des grandes banques suisses n’a été épargnée.

Pour preuve, Crédit suisse a fait savoir que les retraits italiens se sont élevés à 5,6 milliards de francs suisses sur le dernier trimestre 2009. Plus sévèrement touchée, UBS reconnaît des sorties de fonds estimées à 8,5 milliards de francs essentiellement liées à cette amnistie fiscale. Enfin, Julius Bär a vu l’an dernier « 40 % de sa clientèle du Tessin lui tourner le dos », admet son CEO Boris Collardi dans une interview à « Scudo fiscale ».

Cela ne signifie pas pour autant que tous les clients italiens concernés par l’amnistie fiscale ont rapatrié leur patrimoine vers la péninsule. « Pas moins de 7 milliards de francs d’avoirs italiens restent gérés de manière transfrontalière (offshore), alors que les fonds sous gestion en Italie atteignent désormais 3 milliards », précise Brady Dougan, le patron de Credit Suisse (Romandie.com).

La place financière de Lugano menacée ?

Il n’empêche, il s’agit d’un nouveau coup dur pour le Tessin qui s’est spécialisé ces dernières années dans les services financiers destinés à une riche clientèle italienne. Il s’agit de la troisième amnistie fiscale italienne que le canton italophone affronte en moins d’une décennie, rappelle Le Figaro.

Plus que jamais, les banques helvétiques sont donc contraintes d’adapter leur stratégie pour faire face à ces sorties de fonds et trouver de nouvelles opportunités dans le pays transalpin, d’autant plus que le « bouclier fiscal » a été prolongé jusqu’en avril 2010.

D’ores et déjà, la banque Sarasin a annoncé qu’elle revendait sa filiale tessinoise à ses fondateurs, trois ans à peine après l’avoir acquise. « La décision a été prise avec les changements dans le secret bancaire et les nouvelles réglementations de l’OCDE, elle n’est pas due spécifiquement à l’amnistie fiscale italienne », relativise Benedikt Gratzl, porte-parole de l’établissement (Reuters).

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